Fabien

Ivry-sur-Seine

"Dans la vie, certains profs m’ont aidé par leur bienveillance, d’autres par leur jugement expéditif et définitif. Ces phrases entendues m’ont à la fois blessé, mais aussi, et surtout, elles ont éveillé en moi un sursaut d’orgueil. Je n’ai eu de cesse de démontrer que j’étais tout aussi capable qu’un autre."

À la base, j’étais destiné à finir mal. J’ai grandi dans un environnement familial et scolaire violent. À la maison je recevais des coups. À l’École j’adoptais une posture pour ne pas en recevoir. Mes inspirations étaient toutes comme moi : perturbées. Je me souviens d’un grand qui en CM2 m’expliquait que le collège ne servait à rien et qu’il fallait quitter l’École. Je me souviens qu’arriver au collège moi aussi je ne comprenais pas à quoi cela pouvait me servir et que parfois je quittais l’École.

Malgré un drift vertigineux d’année en année, aussi bien dans mon comportement que dans mes résultats, je suis resté sur la route scolaire jusqu’à la fin, mais il a fallu se battre…

D’abord contre un mindset remplit de mauvais codes qui m’empêchait de me mettre au travail et qui m’a valu la peine de me faire expulser de mon premier lycée en fin d’année. Ce n’est qu’une fois arrivée dans une classe ouverte d’urgence où nous étions 8 et avons fini à 3, dans une voie – littéralement – de garage, en seconde mécanique que je me suis mis à préparer mes examens, faire des fiches et avoir de bonnes notes. Mon énergie, je la puisais dans le refus d’accepter une destinée que je n’avais pas choisi, mais le comportement n’y était toujours pas : dur d’effacer 15 années en quelques mois. J’ai d’ailleurs eu une altercation avec un professeur. Manque de bol ou coup de chance, ce sera ce même professeur qui m’aura permis d’accéder à un troisième lycée, plus côté, en première STI génie électrique.

Ensuite, il m’a fallu affronter le regard de professeurs qui me voyaient différent de leurs étudiants (le « banlieusard ») et se demandaient comment j’avais pu arriver là. D’ailleurs, en terminal, en annonçant vouloir faire le meilleur IUT de France en électronique et informatique, une professeure m’a ri au nez devant la classe. Un autre que je ne connaissais pas est même venue me dire qu’il me réserverait une place en BTS car selon lui je n’y arriverai pas. Un jour en exprimant mon ambition à ma professeure principale de devenir ingénieur technico-commercial (niveau bac +5) elle me conseilla plutôt de devenir technico-commercial (niveau bac+2).

Touché dans mon estime, je me suis mis à travailler plus que les autres pour accomplir cet objectif et j’ai été accepté dans cet IUT. J’ai ensuite gardé cette énergie qui m’a permis de faire l’École de commerce que je souhaitais et de travailler à des postes à responsabilités dans une grande compagnie d’assurance.

Grâce à ces expériences, j’ai compris que le plus important c’est de croire en soi.

Aujourd’hui c’est avec cette même détermination que je crée mon entreprise.

Avec du recul, je constate que j’ai eu de la chance. Il n’y a pas besoin d’être fort en statistique pour vous assurer que de là d’où je viens une grande partie des écoliers, collégiens et lycéens que j’ai côtoyés n’ont pas pu aller très loin dans leurs études. Ce qui me donne un sentiment d’amertume car je sais que certains le regrettent.

J’aimerais que cela change, c’est pourquoi j’ai décidé de rejoindre Article 1.