Le déterminisme social désigne l’influence du milieu d’origine sur les parcours individuels. Comme l’expliquait le sociologue Pierre Bourdieu, l’environnement social conditionne largement l’accès à la culture, aux ressources, aux réseaux et, in fine, aux opportunités. En France, ce phénomène reste particulièrement marqué : selon l’OCDE, le lien entre origine sociale et réussite scolaire y est l’un des plus élevés parmi les pays développés, faisant du déterminisme social un facteur structurant des trajectoires éducatives et professionnelles.
Cette influence s’observe très tôt, notamment dans la manière dont les jeunes construisent leurs aspirations. Si 78 % des 15-17 ans déclarent vouloir poursuivre des études supérieures, cet objectif varie fortement selon le milieu social : ils sont 88 % parmi les jeunes issus de catégories favorisées, contre seulement 63 % pour ceux issus de milieux populaires. Ces écarts se retrouvent également selon les territoires. Par exemple, 72 % des jeunes issus de milieux urbains favorisés envisagent d’obtenir une licence, contre seulement 40 % des jeunes issus de milieux ruraux défavorisés. Autrement dit, l’origine sociale et territoriale conditionne déjà la capacité à se projeter.
Ces mécanismes s’inscrivent dans un ensemble plus large de facteurs qui perpétuent les inégalités. Le niveau d’études des parents, l’environnement scolaire, les représentations sociales ou encore les pratiques d’orientation jouent un rôle déterminant dans la réduction ou l’élargissement du champ des possibles. Dans certains cas, les choix proposés aux élèves sont implicitement orientés, limitant leurs perspectives sans même qu’ils en aient pleinement conscience.
Face à ces constats, il devient essentiel d’agir pour briser ce cercle. C’est précisément l’ambition d’Article 1, qui développe des programmes de mentorat, des ateliers collectifs et des outils d’accompagnement pour permettre aux jeunes de mieux s’informer, de gagner en confiance et de se projeter dans des parcours qu’ils n’auraient pas envisagés seuls. En facilitant la rencontre avec des mentors et des professionnels, l’association contribue à ouvrir des perspectives, à lever les freins liés à l’origine sociale ou territoriale et à redonner aux jeunes la capacité de choisir leur avenir.
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