Malgré la hausse des moyens consacrés à leur ouverture sociale (modulation des frais de scolarité, aides financières, accompagnement spécifiques…), les Grandes Écoles de commerce et de management peinent encore à transformer leurs engagements en résultats tangibles. En 2024, le budget moyen dédié à l’ouverture sociale atteint 3,1 M€, soit une progression de +15 % par rapport à l’année précédente. Mais les effets sur la composition sociale des promotions restent limités : en moyenne, seulement 15 % des étudiants au sein des Grandes Écoles sont boursiers du CROUS (contre 1 étudiant sur 3 dans l’enseignement supérieur français).
C’est l’un des principaux enseignements de la seconde édition du Palmarès de l’Ouverture Sociale des Grandes Écoles, créé et opéré par Article 1 et Challenges, en partenariat avec KPMG.
Cette étude a été élaborée à partir de quatre indicateurs collectés auprès de 21 établissements post-prépa via les fiches de la Commission d’Évaluation des Formations et Diplômes de Gestion (CEFDG) du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, et complétée par un questionnaire thématique adressé aux écoles par Challenges.
Des moyens en hausse pour l’ouverture sociale des Grandes Écoles
Les établissements évalués augmentent sensiblement les ressources consacrées à l’ouverture sociale. En 2024, le budget moyen dédié atteint 3,1M€ par établissement, soit une progression de + 15 % en un an. Ce budget représente désormais 7 % du budget global moyen des Programmes Grandes Écoles.
Un budget qui correspond en moyenne à 1 200€ investis par étudiant, mais les niveaux d’investissements restent toutefois hétérogènes :
- Un établissement consacre plus de 5 000€ par étudiant ;
- Cinq d’entre eux allouent entre 2 000€ et 2 500€ ;
- La majorité (15 établissements) se situe autour de 1 000€ ou moins par étudiant.
Pour Amel Hammouda, Directrice générale d’Article 1 : « Ces écarts restent encore trop importants. Avec cette deuxième édition du baromètre on note que des progrès rapides sont pourtant possibles. L’enjeu est désormais de faire converger l’ensemble des établissements vers des standards plus ambitieux. »
Les indicateurs liés à l’ouverture sociale sont en léger recul, et les écarts se creusent entre les établissements
Les Grandes Écoles de commerce et de management comptent en moyenne 15 % de boursiers du CROUS (- 4,6 % par rapport à 2024), et 23 % (-5 %) de boursiers admis sur critères sociaux spécifiques. Une baisse qui s’explique notamment par démocratisation des parcours en alternance. Un alternant ne pouvant pas toucher de bourse CROUS.
Le taux de boursiers CROUS varie de 38 % dans l’établissement le plus avancé à 5 % ou moins dans cinq écoles. Les écarts sont tout aussi importants concernant les boursiers sur critères sociaux spécifiques : un établissement atteint 51 %, six se situent entre 30 % et 40 %, mais quatre demeurent autour de 10 %. Les taux d’apprentis oscillent, quant à eux, entre 0 % et 85 %, révélant des approches très différentes de cette voie d’accès. L’alternance constitue pourtant un levier important d’ouverture sociale en réduisant le coût des études et en facilitant l’accès aux formations sélectives. Mais là où certains établissements développent largement l’apprentissage, d’autres ne l’intègrent pas dans les parcours, ce qui explique en partie l’ampleur des écarts observés.
L’apprentissage n’est toutefois pas uniquement utilisé comme un outil d’ouverture sociale : le développement du dispositif dépend en priorité des équilibres financiers des établissements. Le tarissement progressif des financements publics risque ainsi d’accélérer la fermeture de certaines filières en apprentissage.
L’accès aux Grandes Écoles : un levier de lutte contre les déterminismes sociaux
Les Grandes Écoles ont un rôle à jouer dans l’accès de l’enseignement supérieur. Les travaux universitaires sur leur ouverture sociale mettent en évidence un paradoxe : malgré une démocratisation importante depuis le début des années 2000, ces formations demeurent particulièrement marquées par des inégalités sociales, territoriales, scolaires et de genre. De récentes études1 rappellent que ces enjeux s’accentuent dans un contexte de hausse des frais de scolarité et de précarité étudiante croissante.
Dans ce paysage, les Grandes Écoles disposent d’un levier déterminant : rendre leurs formations plus accessibles et diversifier leurs publics. Renforcer cette ambition est essentiel pour lutter contre les déterminismes, soutenir la mobilité sociale et garantir que chaque jeune, quel que soit son milieu d’origine, puisse accéder aux études auxquelles il aspire.
Trois grandes écoles récompensées pour leur engagement en faveur de l’ouverture sociale
En complément des indicateurs quantitatifs, Article 1, Challenges et KPMG récompensent les établissements faisant la démonstration d’un engagement croissant en faveur des jeunes issus de milieux populaires et de la diversité.
Cette année, 3 établissements ont été récompensés :
- Institut Mines Telecom Business School – En tête du classement pour la seconde année consécutive, grâce notamment à des frais de scolarité toujours sensiblement plus faibles que les autres écoles ;
- ESSCA – Prix de la Meilleure initiative pour la mise en place de frais de scolarité modulables en fonction des profils des étudiants ;
- ESCP Business School – Prix de la Meilleure stratégie globale et Coup de coeur du partenaire KPMG : pour la complémentarité et la richesse de ses dispositifs en matière d’ouverture et de diversité.
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